Un soir de la semaine, après une dure (très dure) journée de labeur. Il est tard (très tard) et très franchement j'ai la tête en skaï, complètement chiffon carpette, option cerveau ramolli du genou, version bouillie gluante et visqueuse avec un aspect gélatineux et la sensation qui va avec (alors lecteur, il suffit de fermer les yeux et de t'imaginer avec un bloc de gélatine blanchâtre à la place du cerveau, tu visualises, tu secoues un peu la tête...voilà !)
Je me traîne jusque devant l'ascenseur et appuie, sans beaucoup d'espoir sur le petit bouton rouge. Sans beaucoup d'espoir car l'ascenseur... c'est pas mon copain.
Au moins, on est franc, on ne se le cache pas : on ne s'aime pas ! Rien de personnel, hein, c'est comme ça, c'est tout. Et je ne suis pas du genre à dire du mal des ascenseurs derrière leur dos... surtout qu'on a un peu tous les deux nos torts... enfin surtout lui quand même, je dois dire... Non, mais il faut avouer aussi que je n'ai jamais vu d'ascenseur aussi mal foutu !
D'abord quand tu l'appelles tu l'attends toujours 5 min au minimum. Et 5 min à poireauter devant un ascenseur quand on veut descendre bouffer ou griller une clope, c'est juste INTERMINABLE. Pourtant, il n'y pas tant d'étages que ça, et je veux bien admettre le rush de 8h30/9h30, ou celui de 11h30/14h30 et même celui de 17h30/18h30... mais à 15h04, quand tu dois monter un dossier au 7ème... non, là je ne lui trouve pas d'excuse, c'est tout, c'est une question de principe. Il le fait exprès ! D'ailleurs j'en ai la preuve. Les papas de mon ascenseur préféré, on eu l'idée d'installer un petit panneau d'affichage indiquant à quel étage se trouve la bête, en live, ainsi que si il monte ou si il descend. Et bien tu me croiras ou pas lecteur, à chaque fois que je l'appelle (et qu'il est à l'arrêt hein !) il va toujours en sens inverse de là où je me trouve. Je suis au 1er, il est au 5ème, il monte... Et puis il me nargue... Si, si ! Il me nargue le bougre ! Vous ne me croyez pas ? Alors une descente du 9ème vers le RDC pour s'arrêter au 1er et remonter t'appelles ça comment, hein, lecteur ??????
Bref...
Ce soir là, j'ai de la chance dis donc, j'attends 30s et voilà mon ascenseur. Incroyable !! Est-ce la trêve hivernale qui s'amorce ? Etait-il distrait et n'a pas remarqué que c'était moi ? A-t-il trouvé une petite copine ascenseurette ? Aucune idée, mais pour le coup j'en serais presque émue dis donc.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrent. Ah zut, ya quelqu'un dedans déjà ! Je n'aime pas partager mon ascenseur. Ah bah, oui, parce que j'avais oublié de vous dire : en plus : il est tout petit petit petit. Genre tellement petit que c'est une incitation à l'intimité entre collègues si vous voyez ce que je veux dire. Prenez un chewing-gum Emile !
Bref...
Je monte. Et découvre stupéfaite que dans l'ascenseur il n'y a personne d'autre que...
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